« Loud Love »

P. Scarzello
Sud-Ouest Dimanche (12/11/ 10) « Sonique et intense »

Aux côtés de The Jesus and Mary Chain, on ren­contre des musts rock aquitains de ces dernières décen­nies. Soit ils sont cités, comme RWA et le réa­lisateur Basque d’Amanita, soit on les recon­naît (Shunatao, Magnetix, etc.). L’auteur con­naît bien cette frange dure, d’une inten­sité sonique ou d’une perti­nence indé­niables, et sait la restituer.

Abus Dangereux (face 117, mars 2011)

Un petit recueil de nouvelles, de deux à une dizaine de pages, des plus dérou­tantes. Derrière ce Loud Love, on s’at­tend à des anecdotes rock’n’roll mais on s’avoure plutôt des histoires humaines très noires ayant com­me point com­mun une bande-son pointue et précise. Comme si l’on pouvait caler les titres con­cernés sur la platine en enta­mant chaque lecture. Ainsi, on entendra les Ramones et Joy Division pour Revenants, une fin de concert de musi­ciens hagards : filles, défonce et restes de fête. RWA et Voodoo Muzak habitent les mau­vais trio d’acides de La Lueur des Forêts. Le punk rock basique illustre L’Enre­gistre­ment du Phono­gramme dans une ambiance de ville indus­trielle glauque à souhait. Seules deux nou­velles évitent le rock’n’roll : Paso-Doble qui décrit la chute d’un torero sur fond de musique d’arène, bien sûr, et, autre chute, des standards de jazz habil­lent L’oreille de Cornélius Lalande. Les deux ter­ritoires les plus fouillées, les plus dévelop­pées, restent les plus atta­chantes. D’abord l’éponyme Loud Love sur la forma­tion d’un groupe à l’ar­rivée de son nouveau guitariste. Moment crucial où l’on partage Confusion is sex de Sonic Youth, com­me DNA, Inspiral Carpets, Drifters, Blonde Redhead , Gallon Drunk, etc. Débats clas­siques sur qui des noirs ou des blancs inven­tèrent notre musique puis pas­sages à l’acte. On a tous connu ça : le plaisir d’une nais­sance musicale. L’autre « longue » histoire est La Dernière Cassette retraçant les dernières heures avant la révo­lution par la musi­que dans une société futuriste fas­cisante, contrôlée par le net. Date de la révo­lution : le 5 juillet 54, bien sûr. Mais on ne saura pas de quel siècle. Le style est tou­jours très des­criptif, un peu am­poulé parfois à cause d’un voca­bulaire châtié peu courant chez les rockers, mais surtout, le ton général est ex­trê­me­ment sombre et aigre. Une am­biance donc, dont on ne se dépare pas aisé­ment. Onze histoires en tout. Onze plaisirs acides, mais onze plaisirs quand même.

Sun Ship (franpi.canalblog.com) (16 mars 2011)

C’est suf­fisamment rare que je parle de bou­quins sur ce blog pour ne jamais avoir créé de rubriques affé­rentes. Peu importe, puisque le recueil de Nouvelles de Vincent Faugère, paru aux édition Alexipharmaque parle largement de musique et s’en inspire gran­dement quant au style et au rythme. Loud Love suinte la musique tout simple­ment ; pas forcé­ment celle que j’aime, plutôt celle qui m’est étran­gère ou que j’ai tangenté. Et Alors ? Lorsque la force porte com­me un solo de guitare le fait que bien parler de la musi­que est presque plus agré­able que la musi­que elle-même. Loud Love évoque parfois d’une esthé­tique des années 80 (la première nouvelle, Revenants) qui me fait im­man­quable­ment penser à un blog que j’aime (et j’en profite pour le dire) : Com­me un Camion. Une esthé­tique qui est un arrière plan propice aux portraits.

Vincent Faugère est chroniqueur à Citizen Jazz. Il est plein d’autres choses égale­ment : journa­liste dans la presse quoti­dienne régionale, créateur de fanzines, musicien dans un col­lectif bruitiste (Astreinte). Son écriture garnie d’épi­thètes à la pré­cision démo­niaque, précise com­me un scalpel et lapi­daire dans sa forme démon­tre que la musique est un moteur qui conçoit des vies et cons­truisent des morts. En onze nou­velles, Faugère nous décrit onze tra­jec­toires, onze portraits brisés ou non mais dans lequel l’élec­tricité am­biante, celui des watts des guitares, guide les destinées.

C’est souvent froid et cru, distancié et clinique com­me un morceau de Joy Division. Parfois, com­me dans la nouvelle Loud Love ou L’enre­gistre­ment du phono­gramme, on perçoit cette exci­tation magi­que qui ne peut animer, au fond, que les pas­sionnés de musique. Cela rappel­lera des souve­nirs aux uns, cela fera sentir cette exci­tation âcre com­me de la colle chaude aux autres. C’est en tout cas un excellent moment.

Sud-Ouest (09/04/11) « Rock et noir, forcément »

Le Palois Vincent Faugère a publié Loud Love voici quelques mois, recueil de nouv­elles rock, certes, mais noires à souhait.
Avertis­se­ment préalable au lecteur : avant d’attaquer Loud Love, il est bon de se munir d’un bon vieux Petit Robert, à moins de faire con­fiance au « wiktionnaire », ou de con­naître parfai­tement le sens de mots aussi fré­quents que cachec­tique, spines­cent ou tour­maline. Car l’auteur, journaliste qui a goûté à la locale, et chroni­queur musical à ses heures, a du voca­bulaire et sait parfois trop bien le montrer.

Mais der­rière des des­criptions parfois plétho­riques, tel­lement précises qu’elles n’en oublient jamais l’olf­actif, scintil­lent de petites perles d’écriture qui bai­gnent, orphe­lines, dans un sombre univers. Noir est donc la couleur de Loud Love, pas com­me un roman noir, puisque les intri­gues étiques s’embar­rassent moins de sus­pense que d’un incon­testable talent à poser des décors, planter des situa­tions et des personnages.
Petites tranches de vie ou de rock pour prota­go­nistes à la banalité trans­cendée par leur amour de la mu­sique, les nouvelles de Vincent Faugère savent parfai­te­ment trouver leurs chutes dans des fins sèches, brutales, com­me s’achèvent la plupart des mor­ceaux des groupes qu’il af­fectionne. C’est une autre par­ti­cularité de ce recueil, où la bande-son impec­cable, et forcé­ment rock, ac­com­pagne le phrasé précieux, méticuleux, mais aussi enlevé de l’auteur.

Du(es) même(s) auteur(s) aux éditions Alexipharmaque :

« Loud Love »
Nouvelles (eBook)

Collection : Les Narratives

Loud Love - Vincent Faugère


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