« Le sentier perdu »

Wil­liam Tel­le­c­hea
Pa­ru­tions.com (jan­vier 2007) « Cons­pi­ra­tions et Ka­li-yu­ga »

On rap­porte que le très se­c­ret Jean Par­vu­les­co, au­teur du Sen­tier per­du, son œuvre la plus en­voû­tante, fréq­uen­ta la nou­velle vague, qu’il vi­v­rait à Pa­ris, dans le voi­si­nage du Parc de la Muette.
On lui sup­pose des ami­tiés sur­p­re­nantes, Ava Gard­ner, Eric Roh­mer, et des ami­tiés sou­ter­raines…
Le Sen­tier Per­du est un ro­man ini­tia­tique – cons­t­ruit en pa­ra­g­raphes qui, nu­mé­ro­tés, chif­f­rés, com­posent un code se­c­ret – où se tra­ment des com­p­lots : la loge Ag­gar­t­ha in­fil­t­rant la maçon­ne­rie française, le gé­né­ral Ron­dot au centre de quelques im­p­li­ca­tions cons­pi­ra­t­rices… Et, alors que Ka­rol Woj­ty­la, sainte Thé­rèse de Li­sieux en pas­sant par Padre Pio et même Hen­ri Bos­co (Jean Par­vu­les­co au­rait per­cer le mys­tère de cette œuvre her­mé­tique) cô­toient le grand sou­fisme et l’éro­tisme du Can­tique des Can­tiques, il se­ra ques­tion des Ti­bé­tains et des aryens, de l’At­lan­tide et de la swas­ti­ka, de Le­ni Rie­fens­t­hal et, certes, de lit­té­ra­ture (celle, sur­tout, d’avant 1968) : on croi­se­ra, entre autres, John Dick­son Carr, l’au­teur amé­ri­cain fé­ru d’oc­cul­tisme et de dé­mo­no­lo­gie, puis Gus­tav Mey­rink, Pierre Drieu La Ro­c­helle, Mar­gue­rite Du­ras…
Le Sen­tier per­du est livre mi­ra­cu­leux qui ex­p­lore les do­maines du sa­c­ré où, par exemple, (sur les bases d’une étude ra­ris­sime pu­b­liée en russe unique­ment) la Bo­go­ne­ves­ta, « la fian­cée de Dieu », d’une na­ture pro­vi­den­tielle, se­ra d’une im­por­tance ca­pi­tale.
C’est un ou­v­rage én­ig­ma­tique qui, tout en étant le pro­lon­ge­ment dan­ge­reux, dé­voile cer­tains projets po­li­tiques vi­sion­naires tel que le grand gaul­lisme ; et qui aus­culte l’His­toire, l’His­toire ou­verte aux in­ter­ven­tions du sur­na­tu­rel, l’His­toire dont le cours n’au­rait de sens que dans la réa­l­i­sa­tion d’un em­pire : l’Em­pire de la fin, l’«Im­pe­rium Ul­ti­mum».
C’est aus­si une étude géo­po­li­tique laquelle, pour Jean Par­vu­les­co, se­rait une gnose, une ex­pé­rience abys­sale : «L’avè­ne­ment des temps en­so­leil­lés, l’en­so­leil­le­ment au-de­là de la fin…Ce jour vien­d­ra…» ; au­tant qu’un voyage, qui nous em­porte en Eu­r­a­sie avec Alexandre Dou­guine, au Ban­ga Par­bat avec Hein­rich Har­rer, au châ­teau de la Bou­can­de­rie (sur les traces d’une so­cié­té ul­t­ra se­c­rète) avec Do­mi­nique De Roux, Ju­lius Evo­la, Ray­mond Abel­lio, à Ma­d­rid et au Ka­tan­ga.
Mais, dé­c­i­dé­ment, Jean Par­vu­les­co est – reste – un mys­tère. Et, s’il se mur­mure qu’un gra­p­ho­logue, dis­ciple du Ba­ron de Bur­ka­na, ten­te­rait de per­cer cer­tains des mys­tères de sa bio­g­ra­p­hie, tan­dis que d’autres ru­meurs en font le prête nom d’une cons­pi­ra­tion plus vaste en­core, il n’en de­meure pas moins que l’on se perd avec dé­l­ices dans les dé­dales d’un monde se­c­ret, dans les la­by­rinthes de ce Sen­tier per­du, dont nous en­voûte le style ful­gu­rant, hau­te­ment spi­ri­tuel.
Quoiqu’il en soit, il faut lire et re­lire ab­so­lu­ment Le Sen­tier per­du (dés le paître au mi­net et jusqu’aux heures in­ter­dites).

Bru­no Fa­v­rit
Ré­f­lé­c­hir & Agir (mars 2007)

Par­vu­les­co a toujours l’art de nous sur­p­rendre. On di­rait qu’il éc­rit toujours le même livre, la même par­ti­tion ani­mée des mêmes ob­ses­sions. Or, il n’en est rien. Par de­là les com­p­lots, les ré­vé­la­tions qui doivent être faites quand bien même se­raient-elles fra­cas­santes, il y a un Par­vu­les­co vi­gi­lant. Il se dresse contre la cor­rup­tion et l’abais­se­ment, sans états d’âme et avec une pro­fonde acui­té. Dans le Sen­tier per­du, il ap­pelle de ses vœux la né­c­es­saire, et se­lon lui iné­l­uc­t­able, cons­ti­tu­tion du Grand Con­tinent eu­r­a­sia­tique face à l’is­lam lo­bo­to­mi­sé, à la Chine et aux États-unis. Par la réu­nion de l’Eu­rope, de la Rus­sie, de l’Inde et du Ja­pon, re­sur­gi­ra la trace de « cet an­cien sen­tier aryen qui s’est per­du » (dixit Anan­da Co­o­ma­ras­wa­my). Mais il n’est pas unique­ment ques­tion de géo­po­li­tique dans ce ro­man, qui offre d’ail­leurs da­van­tage l’al­lure d’un car­net puisque la nar­ra­tion est qua­si ab­sente. On y ren­contre les fi­gures lu­mi­neuse de Le­ni Rie­fens­tahl, de Hen­rich Har­rer, de Thé­rèse de Li­sieux, de Mi­guel Ser­ra­no, d’Adol­fo Sua­rez, d’Alexandre Dou­guine et d’Hé­lène Gri­maud. De­puis La Spi­rale pro­p­hé­tique, Jean Par­vu­les­co ne nous avait sans doute pas ser­vi un livre aus­si gé­né­r­eux et in­tui­tif.

Eu­r­a­sia. Vol I n°2
Ré­sis­tance n°39 (mars 2007)

Per­son­na­li­té my­t­hique et fas­ci­nante de la mou­vance eu­r­a­siste, Jean Par­vu­les­co est un grand éc­ri­vain trop mé­c­on­nu.
Dans Le Sen­tier per­du, pu­b­lié par le tout nou­veau édi­teur Alexi­p­har­maque, il nous conte la fin d’un monde, sa dis­so­lu­tion dans les ver­tiges de son his­toire en cours, de l’his­toire ac­tuelle et con­tem­po­raine, dont les ef­f­rois, lan­ci­na­ment sans cesse re­com­men­cés, per­pé­tuent, s’ils n’en con­sacrent déjà la dan­ge­reuse pré­s­ence, quelque chose d’in­nom­mable : une in­sur­rec­tion de té­nèbres, un sup­p­lice es­c­ha­to­lo­gique, qu’il n’est guère plus pos­sible d’af­f­ron­ter que par la prière, par l’es­pé­rance d’un em­b­ra­se­ment ul­time : l’em­b­ra­se­ment de l’In­cen­dium Amo­ris.
Date ap­rès date, évé­n­e­ment ap­rès évé­n­e­ment, pas­sant par l’Inde, la Rus­sie, le Ja­pon, le bloc con­ti­nen­tal de la plus grande Eu­r­a­sie, les géo­po­li­tiques abys­sales, tra­ver­sant les ho­ri­zons im­pé­riaux, me­nant à Alexandre Dou­guine, Do­mi­nique de Roux, Sainte Thé­rèse de Li­sieux, Karl Hau­s­ho­fer, Le­ni Rie­fens­tahl, Ava Gard­ner, le Gé­né­ral Ron­dot, s’at­tar­dant sur les mys­tères de l’éc­ri­ture et du Gaul­lisme ré­vo­lu­tion­naire, sur ceux aus­si de l’écou­le­ment de l’in­vi­sible dans le vi­sible, Le Sen­tier Per­du ins­t­ruit, dans une pers­pec­tive pro­p­hé­tique, notre époque, ses se­c­rets, sa fa­ta­li­té.

Ni­co­las Bon­nal
Le Libre Jour­nal (jan­vier 2007) « Hor­bi­ger des­cend en En­fer avec Par­vu­les­co »

J’ai ren­con­t­ré Jean Par­vu­les­co il y a seize ans. C’était une époque où tout nous sem­b­lait en­core pos­sible. Le mur ve­nait de s’ef­fon­d­rer, l’ap­rès his­toire ve­nait à peine de com­men­cer son cycle mort, nous guet­tions de signes de l’in­vi­sible. En ce temps-là l’in­vi­sible nous mo­ti­vait en­core.
Jean ve­nait de pu­b­lier les Mys­tères de la vil­la At­lan­tis, livre in­ac­ces­sible au plus grand nombre et même au plus pe­tit. Mon at­ten­tion alors se por­tait sur Mit­ter­rand, sur lequel il éc­ri­vait des ph­rases fa­bu­leuses. Mit­ter­rand cou­vert d’abeilles, Mit­ter­rand hé­ri­tier de Mem­p­his…
Fa­bu­leux est le mot qui pour moi dé­c­rit le mieux l’œuvre de Par­vu­les­co. La cons­tance et l’éner­gie de l’au­teur lui ont ga­g­né une es­time éton­nante dans le monde en­tier, de Vla­di­vos­tok à San­tia­go du Chi­li aus­si bien que de l’At­lan­tique à l’Ou­ral. Ac­tuel­le­ment, son maître ou­v­rage porte sur Vla­di­mir Pou­tine et l’Eu­r­a­sie. Il est tra­duit et cé­l­é­b­ré par toutes sortes de co­te­ries éso­té­riques, lui qui avait com­men­cé par fas­ci­ner Jean-Luc Go­dard lui-même (Dans « A bout de souffle », Jean-Pierre Mel­ville joue son rôle). Mais très vite l’oeuvre a été pour moi beau­coup moins im­por­tante que l’homme, même si je con­si­dère que Jean Par­vu­les­co est le der­nier éc­ri­vain. Ni le plus grand éc­ri­vain, ni le plus grand oc­cul­tiste, ni rien de tout ce­la, mais le der­nier au­teur à avoir conçu une œuvre, au sens clas­sique du terme. Il y en a peut-être d’autres, mais je ne les con­nais pas. Ce ne sont pas des amis.
Pauvre comme lui, j’ai beau­coup ha­bi­té dans le XVIème où nous sommes toujours beau­coup vus, pra­tiquant un bon voi­si­nage éso­té­rique entre Pompe et Muette, Pas­sy et Bois­levent. Là je l’ai écou­té me par­ler des « com­bines », comme il dit, de mé­t­a­po­li­tique et de géo­po­li­tique, de ga­lac­tiques et d’apo­ca­lyp­tiques. Rien ne s’est pro­duit, et c’est là le pro­b­lème. Nous en sommes res­tés au stade du fa­bu­leux puis de l’af­fa­bu­la­tion. Nous avons été broyés par des forces su­pé­rieures, que Jean a tou­te­fois plei­ne­ment cer­nées, pro­fes­sion­nel­le­ment dé­c­rites. Mais nous n’avons pas été se­con­dés, et les « nôtres », comme il dit aus­si, se sont fait pos­sé­d­er, quand ils n’ont pas dis­pa­ru. Mit­ter­rand, Kohl, Chi­rac, de Gaulle même, tous des idiots utiles ? Le monde n’est-il des­ti­né qu’à de­ve­nir une suite de su­per­mar­c­hés chi­nois, de ter­ri­toires oc­cu­pés et de dé­c­hets mé­dia­tiques ? Où sont pas­sés Hau­s­ho­fer et Har­rer, Mc­Kin­der et Bu­c­han ? On ne les a pas re­vus…
La pire des pu­ni­tions pour une âme est de vivre en des temps d’ini­qui­té. Nous voyons le monde tan­né de la post-his­toire nous dé­t­ruire, dé­t­ruire la France, l’Eu­rope, la Ch­ré­t­ien­té, les peuples et même les hommes et nous ne pou­vons rien faire. Et, je le ré­pète, ce qu’il avait de bien avec Par­vu, c’est qu’il y avait des «com­bines». Et il n’y en a plus ; ou nous n’en sommes pas, exi­lés sur le sol au mi­lieu des huées. J’ai de moins en moins lu Par­vu­les­co d’au­tant que son édi­teur ne fai­sait plus son tra­vail. Il ven­dait du Feng shui et de l’omé­ga 3.
Je ne lis presque plus, peine même à re­lire Flau­bert, Emer­son ou Gra­cian. J’ai reçu un der­nier opus du maître, qui date des an­nées 90 (la ch­ro­no­lo­gie dé­cons­t­ruite est la spé­c­ia­li­té mai­son), au coeur des mé­p­hi­tiques an­nées Clin­ton, qui ont vu le re­tour de l’Amé­rique au pre­mier plan, et que je fi­nis presque par re­g­ret­ter… Il n’y avait pas en­core eu l’eu­ro, il n’y avait pas en­core le 11 sep­tembre, les deux vraies Fins du post-monde néo­con, dont le cœur est à l’ex­t­rême gauche et le por­te­feuille à l’ex­t­rême droite. Le Sen­tier per­du est pu­b­lié par une ex­cel­lente pe­tite mai­son per­due dans le pays basque, Alexi­p­har­maque. Et voi­ci ce qu’il éc­rit, au nez et à la barbe des go­beurs d’es­c­ha­to­lo­gies di­verses et ava­riées : « quand je tourne mes re­gards en ar­rière, toute ma vie m’ap­pa­raît comme un long cau­c­he­mar éveil­lé, comme un che­mi­ne­ment sans fin dans les té­nèbres et dans l’im­puis­sance d’être et d’agir ».
Dans un autre très beau pas­sage, Jean Par­vu­les­co s’en prend à notre classe po­li­tique folle, inepte, des­t­ruc­t­rice de la France et d’elle-même. Elle au­ra tout fait, elle, pour com­p­laire au CAC 40 et à l’ONU, aux eu­ro­c­rates et aux lob­bies les plus sombres de notre his­toire. Et c’est comme ça. C’est le signe des temps ul­times qui n’en fi­nissent pas : une im­puis­sance épou­van­table, une ape­san­teur lourde.
Je sa­vais Par­vu­les­co très proche de Roh­mer, jusqu’au jour où je l’ai vu bra­ver l’opi­nion pu­b­lique dans l’Arbre, le maire et la mé­dia­t­hèque du grand Roh­mer, œuvre con­sa­c­rée jus­te­ment à la liqui­da­tion de l’his­toire. C’était en 1993, lorsque nous pen­sâm­es que la ra­c­lée prises par les so­cia­listes leur suf­fi­rait pour long­temps. Elle n’a pas suf­fi, et nous nous étei­g­nons tous les uns à cô­té des autres, comme des cierges que les croyants ne viennent pas ral­lu­mer. Nous at­ten­dons les salves du gaul­lisme ou du mit­ter­ran­disme, nous al­lons ré­col­ter le sé­go­lé­n­isme, qui se­ra peut-être une mou­ture mar­rante. Mais nous avions quand même chaus­sé des lu­nettes noires pour mieux jouir des nuits bleues.
Je vois peu Jean de­puis des an­nées, il est souvent ma­lade. Moi, comme on sait, j’ai choi­si les plates ago­nies des terres aus­t­rales sou­mises aus­si au su­p­rême pou­voir, le Po­der Adquis­ti­vo des classes do­mi­nantes de l’ère Clin­ton. Les ma­ni­pu­la­teurs de lo­gi­ciels ont en­ter­ré les maîtres des sym­boles. Si nous pou­vions sor­tir de terre…
En at­ten­dant, maître, bonne et même meil­leure san­té.



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