« Entretiens avec des Hommes remarquables »

Bru­no Fa­v­rit
Ré­f­lé­c­hir&Agir (n° 45)

C’est une réu­nion d’es­p­rits aux préo­c­cu­pa­tions di­verses, mais aus­si une ten­ta­tive d’abor­der et d’em­b­ras­ser le plus lar­ge­ment les ques­tions qui préo­c­cupent notre époque en pleine dé­l­iques­cence. Luc-Oli­vier d’Al­gange ouvre le feu et porte un re­gard mé­t­a­p­hy­sique sur ce dé­but de siècle où les Mo­dernes ont éva­cué l’art et le sa­c­ré – dans leur con­cep­tion la plus haute, c’est-à-dire en lu­mière et en ape­san­teur. Autre con­t­ri­bu­tion, celle de Ch­ris­tian Bou­c­het qui, s’il va in­ves­ti­guer du cô­té de l’éso­té­risme de Crow­ley, garde les pieds sur terre, sur la vieille terre d’Eu­rope, et plus lar­ge­ment l’Eu­r­a­sie. Il fait le point sur la place de la Tra­di­tion dans un es­pace où le re­li­gieux prend, à l’heure de la so­cié­té ou­verte et no­made, l’al­lure d’ac­com­mo­de­ments dom­ma­geables. Klaus Char­nier ne nous en­t­re­tient pas que de mu­sique in­dus­t­rielle ; il dé­p­lore que l’Oc­cident soit à la fois vainqueur et vain­cu. Fran­cis Cou­sin ré­pond sur l’éco­no­mie et l’as­pect po­li­tique. Il se penche sur les mé­faits de l’im­mi­g­ra­tion, le dé­c­lin de la con­di­tion ou­v­rière et la vo­lon­té qu’elle mon­t­rait ja­dis à s’in­sur­ger. Alexandre Dou­guine se montre, lui, es­sen­tiel­le­ment préo­c­cu­pé d’es­c­ha­to­lo­gie. Il voit très jus­te­ment dans la ville le “grand ci­me­tière des eth­nies” et ex­pose sa vi­sion, très lu­cide, de la bour­geoi­sie, fon­ciè­re­ment op­po­sée à tout in­dice ou ex­p­res­sion de la so­cié­té tra­di­tion­nelle. Mi­c­hel Drac en ap­pelle à une prise de cons­cience po­li­tique par des él­ites qui tra­vail­le­raient à l’anéan­tis­se­ment pur et simple du Ca­pi­tal, met­tant ain­si fin au pil­lage de la na­ture. Ar­naud Guyot-Jean­nin parle d’em­pire, de ré­pu­b­liques fé­dé­rales, d’Etat na­tion, d’is­lam et de na­tio­na­lisme. Thi­bault Isa­bel con­si­dère éga­le­ment le rôle de la tra­di­tion face à la mo­der­ni­té et à la post­mo­der­ni­té, avec des dé­tours par le ci­né­ma, la bioé­t­hique et le ch­ris­tia­nisme. In­té­r­es­sante con­t­ri­bu­tion de Laurent James, pour fi­nir, où l’on re­vient à l’Eu­r­a­sie, mais où il est ques­tion de Ka­li yu­ga et d’ap­pa­ri­tions ma­riales (sic). Il en ap­pelle à un re­tour du royaume, ch­ré­t­ien de pré­fé­r­ence… ce qui nous pousse évi­dem­ment à émettre quelques ré­serves ! Mais, au de­meu­rant, cet ou­v­rage, riche, sui­vi de bio-bi­b­lio­g­ra­p­hies des con­t­ri­bu­teurs, nour­ri­ra la ré­flex­ion de ma­nière to­nique. Pré­face d’Alain de Be­noist.

Ré­bel­lion (N° 58)

Réa­l­i­sés par Le Cercle Cu­rio­sa, ces en­t­re­tiens té­moignent de l’exis­tence d’une pen­sée cri­tique que le sys­tème do­mi­nant s’ef­force de gom­mer par tous les moyens dont il dis­pose. Plus ce­lui-ci a éten­du sa do­mi­na­tion sur tous les as­pects de la vie hu­maine plus il a sé­c­ré­té de ma­nière st­ruc­tu­relle, de jus­ti­fi­ca­tions spec­ta­cu­laires au règne de la non-vie. Les hommes in­ter­ro­gés dans cet ou­v­rage ont en com­mun un rejet vis­cé­ral des masques pa­ro­diques de l’exis­tence réi­f­iée. Ils re­mettent ra­di­ca­le­ment en ques­tion le règne de la mar­c­han­dise et du ca­pi­tal, certes à par­tir de pers­pec­tives di­verses, mais avec une lu­ci­di­té par­ta­gée sur l’im­pos­si­bi­li­té de s’ac­c­li­ma­ter à l’am­biance dé­l­é­tère ré­pan­due par les miasmes con­tem­po­rains d’un sys­tème con­dui­sant à l’éra­di­ca­tion d’une vie au­t­hen­tique­ment hu­maine. On trou­ve­ra dans cha­cun de ces neuf en­t­re­tiens des rai­sons d’en­t­re­voir une autre di­men­sion d’exis­tence sur­mon­tant l’alié­na­tion con­tem­po­raine et des ana­lyses es­sayant de mon­t­rer quels sont les ra­cines et les fon­de­ments ce celle-ci.

Georges Fel­tin-Tra­col
Eu­rope Maxi­ma

Par ces temps de mi­san­d­rie avé­rée, de dé­non­cia­tion de toutes formes et ma­ni­fes­ta­tions de sexisme, de re­c­herche ser­vile d’une in­dif­fé­r­en­cia­tion to­tale in­ac­ces­sible, les Édi­tions Alexi­p­har­maque n’hé­sitent pas à pu­b­lier un re­cueil d’en­t­re­tiens avec seu­le­ment des hommes au risque de pro­voquer la vin­dicte pro­ver­biale des mé­gères cli­to­c­rates, gy­no­lâtres et autres « Hyènes de garde ». La pa­ri­té n’est pas res­pec­tée dans ce bouquin ! Que fait donc la po­lice de la pen­sée ?

Le Cercle Cu­rio­sa a in­ter­ro­gé neuf per­sonnes très dif­fé­r­entes les unes des autres. À part le re­fus de se cou­ler dans le cadre con­forme du po­li­tique­ment cor­rect, quoi de com­mun entre le néo-pla­to­ni­cien Luc-Oli­vier d’Al­gange et le mar­xiste post-si­tua­tion­niste Fran­cis Cou­sin ? L’eu­r­a­siste russe Alexandre Dou­guine et le mu­si­co­logue post-punk Klaus Char­nier ? Pré­fa­cé par Alain de Be­noist, ce re­cueil d’en­t­re­tiens n’est pas une enquête. Le Cercle Cu­rio­sa a pris soin de po­ser à cha­cun d’eux des ques­tions spé­c­i­fiques, d’où le sen­ti­ment de se trou­ver de­vant une mo­saïque ori­gi­nale.

Les ré­ponses va­rient en qua­li­té sui­vant la per­sonne in­ter­ro­gée et un es­p­rit cha­g­rin pour­rait qua­li­fier l’en­semble de dé­sé­q­ui­li­b­ré. Ce se­rait dur, car ces en­t­re­tiens éc­lairent par­fois une fa­cette de la vie de l’in­ter­lo­cu­teur. Par exemple, outre une réa­f­fir­ma­tion de son eu­r­a­sisme, Ch­ris­tian Bou­c­het en pro­fite pour en fi­nir (dé­fi­ni­ti­ve­ment ?) avec cer­taines lé­gendes col­por­tées à son en­contre. Il con­damne l’éso­té­risme na­zi, ma­ni­fes­ta­tion par­ti­cu­lière d’un spi­ri­tua­lisme de ba­zar, alors que « le na­tio­nal-so­cia­lisme al­le­mand fut to­ta­le­ment dé­pour­vu d’ar­rière-plan oc­cul­tiste (p. 34) ». Il re­vient sur Aleis­ter Crow­ley et con­firme qu’il n’est pas thé­l­é­m­ite (par­ti­san de Crow­ley). Il prend au con­t­raire de très nettes dis­tances et, s’il avait à se trou­ver un men­tor, ce se­rait cer­tai­ne­ment Evo­la et Gué­non.

Luc-Oli­vier d’Al­gange ne parle pas de son pas­sé. Il pré­fère mé­di­ter sur le des­tin du Beau à l’heure où triomp­hent le Laid et l’In­forme. « Notre temps est ce­lui du to­ta­li­ta­risme dé­si­n­car­né : les ex­p­loi­teurs sont aus­si in­ter­c­han­geables et as­ser­vis que ceux qu’ils s’il­lu­sionnent d’as­ser­vir. La con­fu­sion de tout donne ce qu’elle doit don­ner : l’in­forme qui est le pire con­for­misme, étayé par la tech­nique dont l’es­sence est de rendre toute ac­ti­vi­té hu­maine im­pos­sible si­non par son en­t­re­mise. Ce ne sont plus les hommes qui éc­hangent entre eux par l’en­t­re­mise des ma­c­hines mais les ma­c­hines qui com­mu­niquent entre elles par l’in­ter­mé­diaire des hommes (p. 19). » Con­temp­teur in­ci­sif de la mo­der­ni­té, Luc-Oli­vier d’Al­gange par­ti­cipe à la guerre des idées sur le ver­sant es­t­hé­tique, phi­lo­so­p­hique et poé­tique.

Per­son­na­li­té in­con­nue, voire clan­des­tine, Klaus Char­nier aime se si­tuer « à gauche et à droite […] dans le seul but de nier la di­c­ho­to­mie po­li­tique qui st­ruc­ture ar­ti­fi­ciel­le­ment les sys­tèm­es po­li­tiques dé­mo­c­ra­tiques con­tem­po­rains (p. 48) ». Cet ex­pert en mu­siques in­dus­t­rielles es­time avec rai­son « ri­di­cule de ré­c­la­mer “ de l’iden­ti­té ” et de “ dé­fendre l’Oc­cident ” (p. 46) ». Il a com­p­ris la va­cui­té oxy­mo­rique d’une « iden­ti­té oc­ci­den­tale » sup­po­sée ou d’un soi-di­sant « Oc­cident iden­ti­taire » ! Il in­siste prin­ci­pa­le­ment sur le fait que « l’Eu­rope dis­pa­raît en tant que telle au nom de ses propres prin­cipes (p. 46) ». Il fait un dia­g­nos­tic lu­cide et pense que « le “ ni­hi­lisme ” n’est ja­mais qu’une ph­rase pré­pa­ra­toire pour ce­lui qui est as­sez fort pour le sur­mon­ter (et s’au­to-en­gen­d­rer à nou­veau), une phase ter­mi­nale pour le faible qu’il dé­t­rui­ra. En ce sens, il est un vi­ta­lisme en at­tente (p. 52) ».

Cette at­tente, Laurent James tient à la com­b­ler par une vé­ri­table ré­ponse es­c­ha­to­lo­gique. Ai­dé d’une sub­tile et pré­caire com­bi­nai­son cel­ti­co-ch­ris­tia­no-eu­r­a­sis­to-par­vu­lesquienne, il pro­meut un « Royaume eu­r­a­sien » pa­rou­sique. Or cet idéal eu­r­a­sien ne con­t­re­dit-il pas sa croyance que « la Gaule est un pays oc­cu­pé de­puis mille cinq cent ans (p. 154) » ? Certes, la cons­t­ruc­tion po­li­tique de la France par l’in­ter­mé­diaire d’un État, in­car­na­tion de la puis­sance ré­ga­lienne, s’est réa­l­i­sée sur une fu­sion plus ou moins con­t­rainte d’eth­nies d’ori­gine bo­réenne, mais de là à ré­c­la­mer le dé­part des Ro­mains, des Francs, des autres Ger­mains, des Nor­mands… Qu’il prenne garde à la réa­c­tion de l’of­fi­cine sur-sub­ven­tion­née S.O.S. Ra­cisme ! Ap­rès le ra­cisme an­ti-blanc, à quand un pro­cès pour « bar­ba­ro­p­ho­bie » ?

C’est avec une con­cep­tion ch­ré­t­ienne as­sez proche, mais plus con­cep­tua­li­sée, qu’Ar­naud Guyot-Jean­nin con­ci­lie le ch­ris­tia­nisme et les iden­ti­tés. Il avance que « l’uni­ver­sa­lisme ch­ré­t­ien in­tègre les iden­ti­tés en les dé­pas­sant. L’uni­ver­sa­lisme mo­derne as­si­mile ces mêmes iden­ti­tés en les ab­sor­bant. Le ch­ris­tia­nisme trans­fi­gure les hommes dans leur sin­gu­la­ri­té et leur di­ver­si­té (p. 107) ». Fa­vo­rable au fé­dé­ra­lisme français et eu­ro­péen, il as­sure que « la ci­vi­li­sa­tion eu­ro­péenne se com­pose de plu­sieurs na­tions et peuples qui ren­voient à de mul­tiples iden­ti­tés qui en font sa ri­c­hesse. Un fé­dé­ra­lisme eu­ro­péen ba­sé ex­c­lu­si­ve­ment sur les eth­nies et les ré­gions ne [lui] semble plus viable. Elle doit prendre sa juste place entre les ré­gions et la fé­dé­ra­tion à ve­nir (p. 114) ».

Cette per­cep­tion fé­dé­ra­liste en­ra­ci­née mul­tis­ca­laire pour­rait re­cueil­lir l’as­sen­ti­ment de Thi­bault Isa­bel. Outre des ré­ponses aux di­vers pro­b­lèm­es ac­tuels comme la tech­nique, le pa­ga­nisme au XXIe siècle ou le psy­c­hisme mal­me­né de l’homme mo­derne, il sa­lue l’ac­tua­li­té de l’œuvre de Prou­d­hon. Fé­dé­ra­liste in­té­g­ral avant la lettre, « Prou­d­hon a eu le mé­rite de pen­ser une vé­ri­table al­ter­na­tive au sys­tème de l’argent – et une al­ter­na­tive qui ne se con­tente pas de rem­p­la­cer la ty­ran­nie du com­merce par la ty­ran­nie de l’État. Le sens a be­soin de proxi­mi­té : c’est donc à tra­vers la proxi­mi­té de la vie lo­cale, et en d’autres termes à tra­vers une re­lo­ca­li­sa­tion gé­né­ra­li­sée de la vie (éco­no­mique, po­li­tique, fa­mi­liale et cul­tu­relle), que nous pour­rons réa­c­cé­d­er au sens (p. 142) ».

Ce point de vue ne risque pas d’em­por­ter l’ad­hé­sion de Fran­cis Cou­sin. Par­ti­san de l’an­ti-po­li­tique ra­di­cale et nos­tal­gique de l’uni­té pri­mor­diale entre le po­li­tique, l’éco­no­mique, le droit, l’art et le re­li­gieux, il con­teste et dé­nonce dans l’en­semble des ma­ni­fes­ta­tions ac­tuelles les pro­pos si­g­ni­fi­ca­tifs de la mar­c­han­di­sa­tion. « Dans ces con­di­tions, l’au­to-or­ga­ni­sa­tion com­mu­niste de l’hu­ma­ni­té en ses di­verses Com­munes fé­dé­rées d’ici et d’ail­leurs, ne se­ra nul­le­ment de­main une dé­mo­c­ra­tie di­recte mais un re­tour élar­gi et uni­ver­sa­li­sé au gé­nos de l’Être lequel se­ra né­c­es­sai­re­ment an­ti-dé­mo­c­ra­tique puisque la dé­mo­c­ra­tie est par es­sence le sys­tème de la do­mi­na­tion di­rec­te­ment ac­com­p­lie de la va­leur d’éc­hange cir­cu­lant adéq­ua­te­ment aux exi­gences de l’éq­ui­v­al­ent-gé­né­ral : l’argent en tant qu’éta­lon de libre me­sure de tous les hommes égaux dans le temps-mar­c­han­dise de leur mort pro­g­ram­mée (p. 58). » Cor­ro­sif, n’est-ce pas ?

Les pro­pos du théo­ri­cien russe du néo-eu­r­a­sisme, Alexandre Dou­guine, sont re­la­ti­ve­ment con­cis. Leurs briè­ve­tés n’em­pêc­hent pas une vé­ri­table leçon de rus­so­lo­gie don­née aux lec­teurs français. « L’Ég­lise russe et la Pa­pau­té sont des choses peut-être trop dif­fé­r­entes pour qu’elles puissent se com­pren­dre mu­tuel­le­ment (p. 86). » Par con­séq­uent, il est im­pos­sible d’ef­fa­cer le Grand Sc­hisme d’Orient de 1054 et de réu­ni­fier or­t­ho­doxes et ca­t­ho­liques ! En re­vanche, « nous pou­vons cœxis­ter en joi­g­nant nos ef­forts contre l’en­ne­mi com­mun qui est le Diable, l’at­lan­tisme et le monde mo­derne (p. 88) ». En tra­di­tio­na­liste con­séq­uent qui mé­dite sur la chute du monde con­tem­po­rain, Alexandre Dou­guine veut « li­bé­r­er Gué­non du con­texte New Age, néo-spi­ri­tua­liste et sec­taire qui tend à mo­no­po­li­ser son dis­cours et à le mar­gi­na­li­ser. Les théo­ries de Gué­non peuvent être lues dans une op­tique so­cio­lo­gique et par­fois post­mo­derne (p. 86) ». Par cette réa­p­p­ro­p­ria­tion fon­da­t­rice, Dou­guine con­firme son op­po­si­tion en­tière à l’État-na­tion d’es­sence bour­geoise. Il sou­tient au con­t­raire la voie vers l’Em­pire au sens tra­di­tion­nel du terme.

Le « Sujet ra­di­cal » dou­gui­nien semble avoir trou­vé un bon re­p­ré­s­en­tant en Mi­c­hel Drac. Pour l’in­ven­teur du con­cept de B.A.D. (bases au­to­nomes du­rables), « nous ne sommes pas là pour cor­ri­ger le sys­tème, ni même pour l’ai­der à s’au­to-cor­ri­ger. Rien ne peut nous faire plus plai­sir que de le voir in­ca­pable de s’amen­der. Certes, le spec­tacle est cons­ter­nant, mais hauts les cœurs : pire ça se­ra, mieux ça se­ra ! Parce que pire ça se­ra, plus vite toute la bou­tique se­ra par terre ! (p. 95) ». Le quo­ti­dien va s’ag­g­ra­ver dans les pro­c­haines an­nées (ou dans les pro­c­hains mois). Mal­g­ré l’apa­t­hie gé­né­ra­li­sée sciem­ment en­t­re­te­nue par des mé­diats ch­lo­ro­p­hor­mistes, Mi­c­hel Drac juge pro­bable « que nous al­lons as­sis­ter à la gé­né­ra­li­sa­tion d’une ré­volte dif­fuse, pro­duite spon­ta­né­ment pour les masses dans un ré­f­lexe col­lec­tif. Sans él­ite pour la ca­na­li­ser, cette ré­volte ne dé­bou­c­he­ra sur rien de pro­bant, même si elle peut mo­men­ta­né­ment fra­gi­li­ser le sys­tème. Con­c­lu­sion : le bou­lot, c’est de pro­duire une él­ite ca­pable, le jour ve­nu, de che­vau­c­her cette ré­volte pour lui don­ner un sens. La pro­vi­dence s’oc­cu­pe­ra de nous don­ner une ré­volte à ca­na­li­ser. Mais le ca­nal, il fau­d­ra le creu­ser nous-mêmes (p. 99) ». La for­ma­tion de cette avant-garde él­i­taire exige une rup­ture com­p­lète avec le monde ac­tuel. Mi­c­hel Drac en vient alors as­sez lo­gique­ment à prô­ner la cons­t­ruc­tion pro­g­res­sive d’« une contre-so­cié­té, qu’[il] ap­pelle “ frac­tion­naire ” pour in­diquer que c’est plus qu’une dis­si­dence, qua­si­ment une sé­c­es­sion a-ter­ri­to­riale. C’est la voie de l’ave­nir, celle qui ren­d­ra pos­sible la cons­t­ruc­tion d’un rap­port de force (p. 95) ». Plus que per­ti­nente, l’idée est gé­n­iale et pro­fonde aux ap­p­li­ca­tions presque im­mé­diates.

On re­marque la ri­c­hesse et la di­ver­si­té des en­t­re­tiens. Bien sûr, le Cercle Cu­rio­sa au­rait pu aus­si in­ter­ro­ger To­mi­s­lav Su­nic, Gil­bert Sin­cyr, Syl­vain Rous­sil­lon ou tel ou tel di­rec­teur de site non-con­for­miste. Ce se­ra pro­ba­b­le­ment pour le se­cond tome de ren­contres avec des dis­si­dents re­marquables !

Pierre Le Vi­gan
Mé­t­a­mag.fr (04/05/13)

Qu’ont en com­mun la pe­tite di­zaine d’es­sayistes in­c­las­sables ras­sem­b­lés par l’édi­teur ? Pas grand-chose si ce n’est d’être re­marquables mais peu re­marqués. L’édi­teur a donc fait un choix cou­ra­geux. Les au­teurs réu­nis ont tout de même quelque chose en com­mun : une at­ti­tude. Au lieu de s’ap­la­tir de­vant l’ho­ri­zon, nos au­teurs veulent se dres­ser pour y voir loin. Pour écou­ter aus­si. Ecou­ter ce qui, de l’es­sen­tiel, ou de l’Etre, (comme cha­cun vou­d­ra) de­meure ou peut re­ve­nir.

Le monde mo­derne in­car­cé­ré dans la lo­gique uti­li­taire
On peut aus­si trou­ver à nos au­teurs deux thèm­es com­muns : la cri­tique du sys­tème de l’argent, la cri­tique du monde mo­derne. Cette cri­tique se fait pour cer­tains au nom d’une tra­di­tion sup­po­sée ori­gi­nelle, pour d’autres au nom d’une idée très an­cienne à réa­c­ti­ver, celle du bien com­mun. Pour les au­teurs, les deux cri­tiques de l’argent et du monde mo­derne ont du reste par­tie liée. Le monde mo­derne, c’est ce­lui où triomphe l’argent. « Le mo­derne est si bien in­car­cé­ré dans sa lo­gique uti­li­taire et com­mer­ciale que ce qui ne peut s’ac­he­ter est pour lui sans va­leur. » éc­rit Luc-Oli­vier d’Al­gange.

Idée d’Em­pire et idée d’Eu­rope fé­dé­rale : une quête com­mune
Les au­teurs se re­t­rouvent aus­si dans le re­fus de la puis­sance pour la puis­sance. « Le fait de pou­voir faire une chose n’im­p­lique pas qu’on doive toujours mettre cette puis­sance en acte » af­firme le jeune phi­lo­sophe Thi­bault Isa­bel. Beau­coup dé­fendent aus­si l’idée d’un fé­dé­ra­lisme im­pé­rial pour sor­tir de l’al­ter­na­tive sté­rile entre un uni­ver­sa­lisme abs­t­rait et ni­ve­leur et l’Etat-na­tion. L’idée d’Em­pire ap­pa­rait ici l’an­ti­dote même à l’im­pé­ria­lisme. « L’im­pé­ria­lisme conquiert mais im­pose ; l’Em­pire ac­quiert mais com­pose. » re­marque Ar­naud Guyot-Jean­nin.

Ces en­t­re­tiens sont l’oc­ca­sion de suivre des au­teurs souvent éton­nants sur les che­mins de tra­verse qui sont les leurs. Ce­la n’ar­rive pas tous les jours.

Alain de Be­noist
Elé­ments (n°147)
Pen­sée re­belle

Toute époque a son idéo­lo­gie do­mi­nante, mais toute idéo­lo­gie do­mi­nante a aus­si ses dis­si­dents. En voi­ci neuf, à qui les jeunes édi­tions Alexi­p­har­maque ont eu la bonne idée de don­ner la pa­role. Ce qui les dis­tingue est au moins aus­si im­por­tant que ce qui les rap­p­roche. Ils ont une com­mune aver­sion pour une so­cié­té peu­p­lée d’“es­c­laves à qui l’on donne des loi­sirs” (Thi­bault Isa­bel), où “tout ce qui est tou­c­hé par l’argent est in­té­rieu­re­ment sub­ver­ti” (Alexandre Dou­guine), bref une so­cié­té qui re­p­ré­s­ente l’“apo­t­héose dé­mo­c­ra­tique du spec­tacle du fé­ti­c­hisme mar­c­hand” (Fran­cis Cou­sin). Mais le contre-uni­vers qu’ils lui op­posent re­vêt chez cha­cun d’eux des cou­leurs bien dif­fé­r­entes. Les uns ont la nos­tal­gie du Roi, les autres rêvent de l’Em­pire. Cer­tains se ré­fèrent à Marx, d’autres à Prou­d­hon ou à Re­né Gué­non. Le dé­ta­c­he­ment de l’Anarque cô­toie l’ap­pel à la ré­vo­lu­tion pro­lé­ta­rienne. Re­cours à la mé­t­a­p­hy­sique et rejet de la mé­t­a­p­hy­sique, projets po­li­tiques et re­fus de la po­li­tique, on trou­ve­ra tout ce­la dans ces pages. Mais c’est pré­c­i­sé­ment ce qui en fait l’in­té­rêt. On voit par là qu’il n’y a pas de con­for­misme de l’an­ti­con­for­misme, du moins chez ceux qui s’ex­p­ri­ment dans cet ou­v­rage. Aux noms déjà ci­tés s’ajoutent ceux de Luc-Oli­vier d’Al­gange, Ch­ris­tian Bou­c­het, Mi­c­hel Drac, Laurent James, Ar­naud Guyot-Jean­nin et Klaus Char­nier. Dans le si­lence as­sour­dis­sant de la so­cié­té du non-sens, ce sont au­tant de voix so­li­taires qu’il ne faut pas seu­le­ment en­tendre, mais aus­si écou­ter. Que l’on se sente ou non d’ac­cord avec elles, est de peu d’im­por­tance. Ce­la ras­sure déjà de se dire qu’on peut en­core pen­ser à contre-cou­rant.

En­t­re­tien réa­l­i­sé par E&R Aqui­taine
(17/04/13)
E&R Aqui­taine

Pou­vez-vous pré­s­en­ter le Cercle Cu­rio­sa ? Quelle est son ori­gine et quels sont ses objec­tifs ?
Le Cercle Cu­rio­sa a été fon­dé en 2009 par trois ca­ma­rades. Par­ta­geant des in­té­rêts com­muns, dé­s­i­r­eux de pen­ser en de­hors des sen­tiers bat­tus sans tou­te­fois som­b­rer dans la pose de l’an­ti­con­for­misme de con­fort , nous avons dé­c­i­dé de nous réu­nir afin de par­ta­ger nos lec­tures, nos in­tui­tions, d’ap­p­ro­fon­dir nos ré­f­lexions.
En peu de temps est née l’idée du livre En­t­re­tiens avec des hommes re­marquables. Bien plus que des ré­ponses, nous avions sur­tout de nom­b­reuses ques­tions à po­ser à des au­teurs se­lon nous trop mé­c­on­nus. Le temps a plu­tôt joué en leur fa­veur et cer­tains d’entre eux sont dé­s­or­mais presque dans la lu­mière, ce dont évi­dem­ment nous nous réjouis­sons.
Le Cercle Cu­rio­sa n’est pas un groupe fer­mé : toute per­sonne qui par­tage notre cu­rio­si­té est la bien­ve­nue. Telle est notre dé­fi­ni­tion d’un pe­tit groupe qui cherche à com­pren­dre le monde dans lequel il vit. Nous n’avons guère d’autres am­bi­tions.

Quel a été le par­cours de ses membres ? Avez-vous toujours été proche des mi­lieux dis­si­dents ?
Le Cercle re­g­roupe trois cu­rieux ve­nus d’ho­ri­zons très dif­fé­r­ents. Il com­porte un an­cien na­tio­na­liste, un an­cien éco­lo­giste et un an­cien mar­xiste ! Au­cun d’entre nous n’a re­non­cé à ces di­verses écoles de pen­sée. Au con­t­raire, l’er­reur con­siste pré­c­i­sé­ment à les faire ren­t­rer en con­f­lit les unes avec les autres. On peut fort bien prô­ner l’en­ra­ci­ne­ment, la fru­ga­li­té (voire l’as­cèse) et jus­ti­fier ses po­si­tions par un rai­son­ne­ment de type mar­xiste. On peut évoquer sans con­t­rainte l’idée de race (bio­lo­gique ou spi­ri­tuelle), de re­li­gion, de classe, de Dieu, des Dieux. L’ar­c­hi­tec­ture nous in­té­r­esse au­tant que l’apo­ca­lypse, la po­li­tique et la mé­t­a­po­li­tique au­tant que la cy­c­lo­lo­gie, le ci­né­ma au­tant que les so­cié­tés pri­mi­tives, la sexua­li­té au­tant que la gnose. Le piège à évi­ter est le syn­c­ré­t­isme, qui ou­t­re­passe mal­heu­reu­se­ment le do­maine re­li­gieux. D’où l’in­té­rêt d’être ri­gou­reux et me­su­ré dans le ma­nie­ment des idées.
Le pas­sage des membres du cercle Cu­rio­sa au sein d’Ega­lite & Ré­con­ci­lia­tion a bien en­ten­du per­mis de st­ruc­tu­rer cette vi­sion du monde. Aujourd’hui, tous les trois nous sen­tons proche de la mal nom­mée Nou­velle Droite et de l’eu­r­a­sisme, tout en res­tant très proche du mou­ve­ment crée par Alain So­ral.

Votre re­cueil d’en­t­re­tiens re­g­roupe des si­g­na­tures très dif­fé­r­entes. Qu’est ce qui re­lie tous ces « hommes re­marquables » ?
L’idée de dé­part était de nous can­ton­ner à des en­t­re­tiens por­tant sur la Tra­di­tion et la mo­der­ni­té. Voyant les li­mites d’un tel exer­cice, nous avons sim­p­le­ment dé­c­i­dé de ques­tion­ner des au­teurs que par ail­leurs nous ap­p­ré­c­ions. Par leurs ré­ponses, on no­te­ra qu’ils par­tagent tous une vi­sion du monde ori­gi­nale et ra­di­cale (du la­tin ra­dix qui si­g­ni­fie « ra­cine », donc d’un monde qui n’ou­b­lie guère ses ra­cines ; l’ex­t­ré­m­isme se­rait à l’in­verse une exa­gé­ra­tion des pré­ro­ga­tives de la mo­der­ni­té). Tous s’ac­cordent pour no­ter les con­séq­uences né­fastes de la post­mo­der­ni­té (phé­no­mène ô com­bien fas­ci­nant et dif­fi­cile à ap­p­ré­hen­der pour nous, post­mo­der­nistes !). Toutes les per­sonnes avec qui nous nous sommes en­t­re­te­nus sont avant tout des francs-ti­reurs, des hus­sards… et comme le dit Alain de Be­noist dans la pré­face qu’il a ac­cor­dée au cercle Cu­rio­sa : « c’est en ce­la qu’ils sont re­marquables ».

Quelle est l’ac­tua­li­té du Cercle Cu­rio­sa ? Avez-vous un autre livre en pré­pa­ra­tion ?
Le Cercle tra­vaille ac­tuel­le­ment sur dif­fé­r­ents projets. Tout d’abord, un se­cond tome de nos en­t­re­tiens est en pré­pa­ra­tion. En­suite, nous ré­f­lé­c­his­sons en ce mo­ment à un sujet qui nous tient à cœur et qui pour­rait peut-être s’ar­ti­cu­ler sous forme de re­cueil ou en­core d’une con­t­ri­bu­tion col­lec­tive : il s’agi­rait d’une ré­flex­ion sur la Tech­nique (abu­si­ve­ment con­fon­du avec ce­lui de ma­c­hine, alors qu’il s’en af­f­ran­c­hit) à tra­vers, no­tam­ment, le phé­no­mène dit « tran­s­hu­ma­niste ». Le projet suit ac­tuel­le­ment son cours. Vous de­v­riez avoir de nos nou­velles as­sez ra­pi­de­ment. En at­ten­dant, nous vous lais­sons dé­cou­v­rir nos « En­t­re­tiens avec des hommes re­marquables ».

En­t­re­tien réa­l­i­sé par Ni­co­las Gau­t­hier
Bou­le­vard Vol­taire (31/03/13)

Dans un monde fait de cycles de plus en plus courts, ac­cé­lé­ra­tion de l’his­toire ob­lige, le Cercle Cu­rio­sa a ten­té de dé­f­ri­cher quel­ques pistes d’ave­nir dans un ou­v­rage col­lec­tif au titre en for­me de clin d’œil au phi­lo­so­phe Georges Gurdjieff, En­t­re­tiens avec des Hommes re­marquables. Phil François, pré­s­ident du cercle en ques­tion, fait le point sur cette ini­tia­tive hors du com­mun.

L’ou­v­rage col­lec­tif est un genre lit­té­raire pé­r­il­leux. Vos in­ter­lo­cu­teurs s’ac­cordent à dire que le monde va mal, mais ils di­vergent dès lors qu’il fau­d­rait sa­voir com­ment il pour­rait al­ler mieux…
En ef­fet, tous les par­ti­ci­pants à En­t­re­tiens avec des hommes re­marquables s’ac­cor­dent sur l’as­pect né­faste du post­mo­der­nis­me qui se dé­p­loie à tra­vers cette nou­velle an­th­ro­po­lo­gie qu’est le tur­bo-ca­pi­ta­lisme. Cri­ti­que tou­jours ra­di­cale – et non pas « ex­t­rême » – et sal­va­t­rice, en ce sens que cette ra­di­ca­li­té per­met de sai­sir l’égale ra­di­ca­li­té de l’objet cri­tiqué. Les so­lu­tions pro­po­sées di­vergent, certes ! Mar­xiste, mys­tique, im­pé­r­ial ou ni­hi­liste, chaque par­ti­ci­pant pro­pose des ou­tils pour ré­pa­rer cette né­ga­tion du monde se des­si­nant sous nos yeux, de plus en plus dif­fi­cile à sai­sir, tant il semble s’au­to­no­mi­ser des hom­mes, et contre eux. Mais, comme le note Alain de Be­noist, avant les ré­ponses, il faut des ques­tions. Le Cercle Cu­rio­sa, en tant que pe­tit groupe de ré­flex­ion, se per­met en­core un mo­ment d’ex­pec­ta­tive… il en a tant d’autres à po­ser !

Le titre, En­t­re­tiens avec des Hommes re­marquables, fait évi­dem­ment ré­fé­r­ence à Georges Gurdjieff, sur­tout lorsque vos au­teurs en­ten­dent « rée­n­c­han­ter le monde ». Est-ce le seul fil con­duc­teur de cet ou­v­rage fa­b­riqué à plu­sieurs mains ?
Eh bien, n’en dé­p­laise à mon­sieur Maf­fe­so­li, nous n’avons guère l’impres­sion que la post­mo­der­ni­té réen­chante le monde ! Via la lo­gique de l’uti­li­ta­ris­me to­tal auquel obéit la nou­velle éco­no­mie glo­bale, nous as­sis­tons en fait à un des­sèche­ment du monde dans ce qu’il a de mul­tiple, d’en­ra­ci­né. En al­lant cher­c­her dans la tra­di­tion, la re­li­gi­osi­té et même la cri­tique mar­xiste, les au­teurs émet­tent, cha­cun à leur ma­nière, des idées nou­velles où l’hom­me re­t­rouve sa place. En som­me, ce ré­en­chan­te­ment se fe­ra (et nous pa­rions que les in­ter­ve­nants se­ront d’ac­cord) par une ré­con­ci­lia­tion entre vo­lon­té et me­sure. Ré­en­chan­ter, c’est-à-dire dé­co­lo­ni­ser l’ima­gi­naire des re­p­ré­sen­ta­tions mar­chandes, pour que les peuples réap­pren­nent la grâce et se dé­bar­ras­sent de rap­ports de néc­es­si­té toujours plus ob­so­lètes et su­per­fi­ciels. Parce qu’ils n’ont pas ou­b­lié que les hom­mes re­gardent aus­si vers le ciel, ces au­teurs sem­blent s’être don­né cette mis­sion. Et c’est déjà bien as­sez !

Pen­sez-vous qu’un autre monde puisse être meil­leur ou, au con­traire, que le pire soit toujours cer­tain ?
À notre humble avis, l’ave­nir reste ou­vert. Les pos­si­bi­li­tés de l’Oc­cident s’épui­sent et il fau­d­ra se réin­ven­ter, se re-my­thi­fier, re­t­rou­ver les buts de notre pré­s­ence au monde. Nous vi­vons cer­taine­ment la fin d’un grand cycle his­to­rique. Mais la fin d’un cycle en pré­fi­gu­rant un nou­veau, c’est cer­taine­ment en ce sens qu’il faut com­prendre les dif­fé­r­entes es­c­ha­to­lo­gies… Les apo­ca­lypses ne sont-elles pas des ré­vé­la­tions ? Ce qu’il nous faut, à nous les hom­mes d’ici et main­te­nant, c’est veil­ler sur cette fa­meuse flam­me de l’être que dé­c­ri­vait Jean Par­vu­les­co dans ses ou­v­rages. Et puis nous vi­vons ! Et que faire d’autre que de vivre, c’est-à-dire d’es­pé­r­er, de se ques­tion­ner, de se bat­tre et d’ai­mer mal­g­ré tout l’ici-bas avant de par­tir de l’autre cô­té ?



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